Les deux jeunes vont pouvoir déposer leur demande d’asile en France. Mais beaucoup d’autres sont toujours dans l’attente.

Ouest France (Nord-Finistère), 12 Dec 2018. Flora Chauveau

Rassemblement en soutien à des demandeurs d’asile à Quimper, hier soir

C’est une bonne nouvelle pour Mukhammad et Rassoul. Les deux jeunes hommes, arrivés à Quimper après avoir fui la Tchétchénie, ont reçu une lettre de la préfecture du Finistère. Ils sont autorisés à déposer leur demande d’asile en France. Jusqu’alors, le règlement Dublin III les contraignait à se rendre dans le premier pays d’Europe ayant recueilli leurs empreintes : l’Italie.

« Ce n’est pas encore gagné pour eux, mais c’est un répit », indique Jean-Pierre Bigorgne, de Droit d’asile, qui les soutient. Les militants se sont tout de même rassemblés sous les fenêtres de la préfecture, ce mardi 11 décembre. Car si Mukhammad et Rassoul ont le droit de souffler un peu, Habibata, 28 ans, qui a fui la Côte d’Ivoire avec son bébé, est toujours sur le point d’être expulsée vers l’Italie.

Et elle n’est pas la seule. Ervis, 30 ans, de nationalité albanaise, et Romuald, 40 ans, de nationalité congolaise, sont tous deux en France depuis 2011. Leur demande d’asile refusée, ils ont obtenu un titre de séjour pour leur santé. Tous deux ont trouvé du travail. Mais désormais la préfecture leur refuse le renouvellement du titre. Ils sont sous le coup d’une obligation de quitter le territoire.

Ce mercredi 12 décembre, des membres de Droit d’asile et de la Ligue des Droits de l’Homme seront reçus en préfecture. Ils déposeront une lettre ouverte, demandant le réexamen de ces situations. « C’est triste que l’on en arrive à devoir manifester si régulièrement pour défendre des personnes, regrette David Torondel, de la LDH. Nous aimerions pouvoir participer à des réunions régulières avec la préfecture, afin de leur exposer les situations humaines les plus compliquées. »